
Il n’est jamais facile d’être compris par ses contemporains alors qu’on s’engage dans un projet structurant de longue durée. Un 100 m en athlétisme s’interprète plus vite-a priori- qu’une course de 42 km 195. Il ne faut pas partir trop tôt, ni trop vite. Il faut travailler dans l’ombre, essuyer les orages et les coups de vent, continuer d’avancer et alors la réussite peut arriver.
Aimé Jacquet en a entendu, vu et lu de toutes les couleurs avant que tout se mette en place dans son équipe de France de football et fonctionne avec la magie connue ce 12 juillet 1998, où là, toute la France exulte, après, pourtant, l’avoir plusieurs fois mis au ban.
Lui succéder ne fut pas non plus une partie facile. Enchaîner derrière une telle réussite était un pari impossible et très risqué, pourtant Roger Lemerre a relevé le gant et obtenu le difficile succès de l’Euro 2000. Toutefois, on oublie vite pour ne retenir que 2002 et la Coupe du Monde avortée….
Alors arrive Raymond Domenech, le breton bourru qui longtemps joua à Lyon, en défenseur rugueux. Rapidement, là aussi c’est haro sur le sélectionneur, alors qu’en juin 2006, il emmène son équipe en finale de la Coupe du Monde après un quart de finale ahurissant de génie face à un Brésil médusé, voire désabusé devant tant de facilité. Certes, la France bute en finale sur des provocations et tombe dans le piège tendu par certains joueurs de l’Equipe italienne. Le sélectionneur, sous pression permanente, ne trouve pas les mots qui conviennent et de nouveau l’incompréhension s’installe, les jugements de valeurs, les attaques sur la personne.
Pourtant, le Raymond qu’on nous décrit n’est pas celui que je connais, l’homme, qui, un samedi après-midi frisquet de janvier 2008, a fait l’aller-retour de Paris, en voiture, emmené par notre ami Caennais Patrick Gonfalone, entraîneur adjoint de l’Equipe de France espoirs, rencontrer des jeunes footballeurs, se prêtant gentiment aux sollicitations des 300 ou 400 enfants présents, calmement et …bénévolement. Quel décalage entre l’image et la réalité !
Il y a souvent un écart entre ce qui est dit sur une personnalité médiatique et ce qu’il est. L’essentiel est bien ce que sont réellement les individus et ce qu’ils font. L’action, en l’occurrence, l’entraînement d’une équipe, mérite à mon sens davantage de considération et surtout de la nuance. « La nuance, seule, fiance » disait Rimbaud. Soyons davantage dans l’action que dans le jugement, c’est valable dans le sport et peut être aussi dans de nombreux autres domaines !






Je partage l’analyse de cet article; pour l’avoir côtoyé, le décalage entre ce qu’il est et l’image qui est renvoyée ….quel écart ! Ah les préjugés !