J’aime rencontrer des sportifs et des dirigeants de clubs de la région, car je suis convaincu que les terrains de sport sont des lieux essentiels de transmission de valeurs : sens de l’effort et de la discipline, dépassement de soi, respect de l’autre, gestion des succès et des échecs, …
Ce soir, j’ai été confronté à un appel de détresse de certains quant aux migrations — entamées depuis plusieurs années, mais accrues depuis 5 ans — des sportifs de haut niveau vers les régions ou villes voisines : Rennes, Nantes, Paris pour la plupart. Tout comme je le signalais sur mon blog, à propos de la fuite des jeunes bas-normands vers l’extérieur, nos meilleurs sportifs semblent obéir au même phénomène. Pour endiguer ce fléau, des demandes ont été exprimées par les clubs, comités et ligues dès 2000 : équipements performants, conditions d’hébergements proches des lycées ou de l’université, mutualisation des moyens entre grands clubs régionaux amateurs, politique claire et lisible de soutien aux filières sportives. Certes, les avis divergent entre disciplines sportives sur la nécessaire concentration ou non de sportifs de haut niveau sur un même lieu. D’aucuns, légitimement, hésitent face à la rupture avec la famille dans les disciplines où le haut niveau commence tôt : gymnastique, natation, patinage, etc … La plupart envient les régions où l’investissement est soutenu dans les sports à fort équipement matériel.
Tous évoquent la complexité et la faible lisibilité des politiques dans le mille-feuille du sport français où il devient de plus en plus difficile de se retrouver et où les volontés des dirigeants ou les projets se heurtent parfois au bon vouloir des hommes en fonction et donc souffrent d’une absence de vision de long terme. Tous reconnaissent et regrettent le temps où travailler avec l’Education Nationale était plus simple, même si certaines disciplines arrivent encore par le biais des projets à pénétrer l’école primaire. L’activité péri-scolaire pour la majorité des clubs est un moindre mal mais contribue à un regrettable tri social, les enfants issus des milieux modestes échappant souvent au dispositif de découverte de la pratique sportive susceptible de déboucher sur la pratique en club.
Je poursuis, aujourd’hui dans le domaine sportif, ce travail de rencontre et d’écoute entamé maintenant depuis de longs mois. Je suis notamment inquiet sur l’état des lieux de certains grands équipements sportifs de niveau régional et ne vois rien de concret arriver pour enrayer leur dégradation globale ou leur vétusté, en dépit des nombreuses études menées ou communications effectuées.




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