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Plus de 70 ans, toujours jeune !

Je ne doute plus, au gré de mes visites dans toute la région, de la tonicité et du dynamisme de la plupart de nos retraités.

Voici 40 ans, dire qu’un retraité septuagénaire courait le marathon aurait relevé de la folie pure. Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui, du marathon du Mont Saint-Michel au marathon de la Liberté à Caen, passent la ligne d’arrivée en moins de 5 heures et même, pour certains — bien que plus rares — en moins de 3 heures.

En outre, on ne compte plus les dirigeants d’associations qui donnent de leur temps tout en conservant une pratique sportive. Ainsi :

-  Michèle qui, à plus de 80 ans, s’entraîne chaque jour sur 3 km au Stade nautique de Caen, sans sourciller sur les conditions déplorables de vétusté,

-  Bernard pour le judo, qui, fidèle à ses tatamis, accompagne les jeunes dans tout le Calvados y compris pendant les week-ends,

-  Pierre, 77 ans, qui, après une vie bien remplie de chef d’entreprise, motive les jeunes au tennis de table,

-  Fernand qui, au titre du Comité Départemental Olympique et Sportif, prêche inlassablement dans les établissements scolaires contre le dopage et les incivilités,

Et celui-ci qui, à Granville, continue d’aller en mer en dériveur par tout temps,

Et d’autres encore :

-  celui-ci qui, au départ de Caen, rallie à pieds Saint-Jacques-de-Compostelle,

-  celui-là qui, à Alençon, est un accompagnateur infatigable du Club de football,

-  celle-ci qui fait partager sa passion de la lecture publique,

-  celle-là qui alphabétise dans les quartiers sensibles,

-  Et tous les autres encore encore qui s’engagent dans la Banque alimentaire, les Restos du Cœur ou La Croix Rouge,

Je pourrais poursuivre inlassablement, tant j’ai rencontré de personnes retraitées de valeur ces dernières années.

« Cela donne un sens à ma vie, j’ai toujours été actif, je me sentais inutile en retraite à ne rien faire » répètent-ils. « Cela donne l’exemple aux jeunes » dit Michèle, dans l’eau brumeuse du bassin extérieur du stade nautique en pleine grisaille automnale.

Merci à vous tous pour cette belle leçon de vie au service des autres !

Je me demande parfois si vous n’êtes pas plus jeunes que certains actifs,  qui occupent notamment des fonctions dans le domaine de la politique normande alors qu’ils devraient se concentrer sur les autres plutôt qu’eux-mêmes.

« C’est de la faute des autres »

Ce soir, je rencontrais des caennais qui voulaient me parler de leur ville.

Très rapidement, ils ont insisté sur la fiscalité caennaise en forte hausse cette année (+ 10 %) et sur celle de la Région (+ 36 % en 5 ans, quasi record de France),  même si les taux sont stables en 2009 .

Il est apparu que ces habitants — dont certains ont cru, en 2004, à la majorité régionale actuelle — semblent très irrités quant à l’utilité de leurs impôts. Pourtant, je crois que les familles et les entreprises sont prêtes à apporter une contribution fiscale contenue dès lors que des investissements dynamiques ainsi que des efforts de gestion apparaissent. En l’occurrence, en Basse-Normandie, ce n’est plus le cas puisque les investissements sont descendus de 260 M€ par an, avant 2004, à 216 M€ par an, aujourd’hui, au détriment de dépenses somptuaires de communication, notamment en fin de mandat, et d’embauches importantes dès 2004 grevant les capacités financières de la Région et faisant peser sur l’avenir de nos enfants de fortes incertitudes.

Cette habitude et cette inaptitude à la bonne gestion se retrouvent en « copier-coller » à la Ville de Caen et à l’agglomération, puisque, là aussi, la masse salariale est repartie à la hausse, dégradant fortement la capacité d’autofinancement de la Ville et de l’agglomération (qui crée un nouvel impôt sur le dos des ménages) et obérant ses chances pour l’avenir.

Que dit-on aux caennais et aux bas-normands ? Classiquement : « C’est de la faute des autres », c’est-à-dire de la faute des prédécesseurs qui, pourtant, ont plutôt désendetté la ville — certes, sans toutefois investir — c’est de la faute de la crise, de l’Europe, du gouvernement, etc…

Bref, soyons clairs, derrière ce contre-feu, cet écran de fumée d’arguments éculés, se cache une réelle incapacité à gérer tant la Région que la Ville de Caen et son agglomération. Et le résultat est toujours le même : on fait payer, ou plutôt on « assomme », les contribuables.

Je perçois désormais plus qu’une lassitude devant cette fiscalité lourde et inconséquente. Les normands et les caennais en ont assez. Preuve en est : ils quittent la ville (au nombre de 1 000 par an) et commencent à s’exprimer contre les embauches massives ou les promesses inconséquentes sur les salaires de ceux qui ont déjà un emploi stable.

Tout cela est fait sur le dos des familles alors qu’aujourd’hui, il faut contenir — voire réduire — les dépenses de fonctionnement et investir, investir, investir … pour le futur.

Il y a du pain sur la planche pour redresser ce qui apparaîtra rapidement comme une gabegie.

« De la faute des autres » disent-ils, mais qui le croit désormais ?

Les ouvriers de la 25ème heure

Le Conseil régional est en charge du développement et de l’avenir de la Basse-Normandie et c’est seulement maintenant que les Elus pensent à distribuer un questionnaire – au demeurant intéressant – sur les intérêts de la réunification de la Normandie !

Questionnaire qui ne fait d’ailleurs aucune référence à l’emploi et à l’exode des jeunes !…

Qu’ont-ils fait pendant 5 ans ?

Le Conseil Régional n’a jamais ouvert autant de dossiers, organisé autant de débats et de colloques que depuis 6 mois. Il serait temps ! Les élections arrivent …

On fait juste semblant de s’intéresser (seulement maintenant !) aux questions essentielles concernant le développement de notre région, dont je parle depuis 2003.

Pour moi, ce questionnaire est vraiment la goutte qui fait déborder le vase : ces gens-là ne sont que dans la communication (des artistes en la matière) ! 5 ans et demi d’échecs, d’augmentation massive des frais de fonctionnement, et donc des impôts, sans oublier les promesses non tenues, ne s’effacent pas par quelques colloques ou questionnaires…

Il est grand temps de créer de nouvelles dynamiques, sur la base d’une véritable stratégie de développement économique, créatrice d’emplois et de progrès social.

Vive le sport ?

J’aime rencontrer des sportifs et des dirigeants de clubs de la région, car je suis convaincu que les terrains de sport sont des  lieux essentiels de transmission de valeurs : sens de l’effort et de la discipline, dépassement de soi, respect de l’autre, gestion des succès et des échecs, …

Ce soir, j’ai été confronté à un appel de détresse de certains quant aux migrations — entamées depuis plusieurs années, mais accrues depuis 5 ans — des sportifs de haut niveau vers les régions ou villes voisines : Rennes, Nantes, Paris pour la plupart. Tout comme je le signalais sur mon blog, à propos de la fuite des jeunes bas-normands vers l’extérieur, nos meilleurs sportifs semblent obéir au même phénomène. Pour endiguer ce fléau, des demandes ont été exprimées par les clubs, comités et ligues dès 2000 : équipements performants, conditions d’hébergements proches des lycées ou de l’université, mutualisation des moyens entre grands clubs régionaux amateurs, politique claire et lisible de soutien aux filières sportives. Certes, les avis divergent entre disciplines sportives sur la nécessaire concentration ou non de sportifs de haut niveau sur un même lieu. D’aucuns, légitimement, hésitent face à la rupture avec la famille dans les disciplines où le haut niveau commence tôt : gymnastique, natation, patinage, etc … La plupart envient les régions où l’investissement est soutenu dans les sports à fort équipement matériel.

Tous évoquent la complexité et la faible lisibilité des politiques dans le mille-feuille du sport français où il devient de plus en plus difficile de se retrouver et où les volontés des dirigeants ou les projets se heurtent parfois au bon vouloir des hommes en fonction et donc souffrent d’une absence de vision de long terme. Tous reconnaissent et regrettent le temps où travailler avec l’Education Nationale était plus simple, même si certaines disciplines arrivent encore par le biais des projets à pénétrer l’école primaire. L’activité péri-scolaire pour la majorité des clubs est un moindre mal mais contribue à un regrettable tri social, les enfants issus des milieux modestes échappant souvent au dispositif de découverte de la pratique sportive susceptible de déboucher sur la pratique en club.

Je poursuis, aujourd’hui dans le domaine sportif, ce travail de rencontre et d’écoute entamé maintenant depuis de longs mois. Je suis notamment inquiet sur l’état des lieux de certains grands équipements sportifs de niveau régional et ne vois rien de concret arriver pour enrayer leur dégradation globale ou leur vétusté, en dépit des nombreuses études menées ou communications effectuées.

Quel avenir pour les finances locales ?

En tant que délégué régional du CNFPT de Basse-Normandie, mardi 20 octobre dernier, j’organisais avec le directeur de l’ENACT d’Angers une formation sur l’avenir de la Taxe Professionnelle.

Soixante et onze dirigeants territoriaux de toute la Normandie, DGS et directeurs financiers ont répondu aux côtés de 20 maires à cette invitation, pour la première fois sur la Côte Fleurie.

L’expert, Monsieur Alain GUENGANT, Directeur de recherche au CNRS – CREM – Université de Rennes I, a dressé le portrait de la situation des recettes fiscales des collectivités territoriales et leurs perspectives avec la réforme d’une part, et l’amendement CARREZ d’autre part.

L’assistance a pu mesurer le décalage entre la présentation souvent caricaturale de certains aspects de la réforme fiscale et sa réalité qui varient selon les types de collectivités et selon qu’elles ont ou pas augmenté fortement les taux ces dernières années. En outre, il a montré la relative faible portée actuelle de la maîtrise des taux par les élus. Il apparaît également que les amendements récents profitent aux communes et EPCI, les associations selon M. GUENGANT s’y étant globalement retrouvées en termes financiers.

En revanche pour les départements — notamment le Calvados voire la Région, qui est celle qui a le plus augmenté ses taux en 5 ans — le compte n’y est pas. Toutefois, la plupart des élus affirment qu’une recentralisation est entamée et affichent leur crainte de voir leur marge de manœuvre sensiblement réduite et donc l’inertie dans les services à la population croître.

En outre, pour les collectivités qui ont augmenté fortement les charges, notamment de personnel, la sortie de crise sera plus difficile que pour celles qui ont entrepris des investissements dynamiques.

Recentralisation, perte d’autonomie fiscale, moindre prise en compte du dynamisme territorial, autant d’éléments contre lesquels, je l’espère, s’élèveront nos parlementaires, tout en trouvant les voies d’une réforme indispensable de la taxe professionnelle, taxe actuellement aberrante puisqu’elle s’appuie en partie sur les investissements des entreprises.

Affaire à suivre…

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